Histoire

Comme pour tout l'ouest de l'Afrique, le Burkina a connu un peuplement précoce, avec notamment des chasseurs-cueilleurs dans la partie nord-ouest du pays (12.000 à 5.000 ans avant l'ère chrétienne), et dont des outils (grattoirs, burins et pointes) ont été découverts en 1973. La sédentarisation apparaît entre 3.600 et 2.600 avant notre ère, avec des agriculteurs, dont les traces des constructions laissent envisager une installation relativement pérenne. L'emploi du fer, de la céramique et de la pierre polie se développe entre 1.500 et 1.000 avant l'ère chrétienne, ainsi que l'apparition de préoccupations spirituelles, comme en témoignent les restes d'inhumation découverts. Des vestiges attribués aux Dogons sont découverts dans la région du centre nord, du nord et du nord-ouest. Ceux-ci quittent le secteur entre le XVe et le XVIe siècle de l'ère chrétienne pour s'installer dans la falaise de Bandiagara.

Situé à 150 kilomètres au nord-ouest de Niamey, dans le delta de la Volta au Niger, sur le territoire de l'ancien Empire Songhaï (VIIe-XVIe siècles), le site archéologique de Bura est découvert pour la première fois en 1975. On y trouve une abondante collection de terres cuites, parmi lesquelles têtes, urnes, poteries utilitaires.

Les urnes funéraires en forme de symboles phalliques étaient placées dans la tombe, mêlés à des effets personnels du défunt, tels que des pointes de flèches, des lances et des vêtements, des dents et des os. Certaines sont très hautes (80 centimètres) et coiffées de petites têtes qui leur donne l'aspect si particulier des Giacometti de la dernière période. Après quoi, la « baura » était mise sur la tombe, exactement comme nos pierres tombales, ou enterrées, leur ouverture vers le haut, pour y glisser les reliques du défunt. Symboliquement, ce phallus était donc planté en terre, message clair qu'il la féconde et la nourrit, pour une vie recommencée, en perpétuel devenir, cercle vertueux de la régénérescence. Chez les Bura aussi, Eros se nourrit de Thanatos, la vie, de la mort. Mourir pour mieux renaître, comme le grain de blé qui meurt pour faire vivre le vert épi (Saint Augustin)...

L'urne, ouverture vers le haut, permettait d'accueillir les objets ayant appartenu au mort, des vivres pour ce grand voyage, des bijoux, son corps, parfois, quand l'urne était grande. Comme bouchon, une tête modelée, une statuette complète de personnage, une statue animalière, voire un cavalier et sa monture, selon le statut du défunt.

Ces reliquaires de forme phallique étaient accompagnés de pots, d'urnes et de têtes représentant les membres de la famille, le tout en terre cuite. Les têtes Bura Asinda-Sikka sont généralement complètement plates, se distinguent par leur grande simplicité et, dans la plupart des cas, sont décorées de bosses longitudinales en relief.







Illustration : une très belle poterie funéraire en forme de phallus. La jarre a une décoration supérieure à coiffure coupée très court et une hernie ombilicale proéminente sur le ventre.
Burkina Faso, Afrique de l'ouest, hauteur 50 cm.
Ier siècle avant J.-C.-1.000 après J.-C.
Collection particulière.